Hear Her Out – Transgenre, combat et liberté.

English translation is available at the end !

Quand Camille est venue chez moi pour filmer cette vidéo, je ne l’avais jamais vue.

Internet étant formidable, elle avait répondu à l’appel diffusé par Noémie sur le facebook de Paris 3.

Camille me ressemble un peu. Elle a les cheveux blonds, décolorés, elle est douce et très gentille. Elle sourit beaucoup. Je suis encore plus stressée qu’elle. On discute un peu avant, après le tournage, on apprend à se connaître. Camille a été une formidable rencontre. Elle m’a ouvert les yeux sur des sujets que je ne comprenais pas, comme la difficulté de choisir des toilettes, d’aller retirer un colis à la poste. De pouvoir s’habiller comme on le souhaite. De la peur, constante, au point de ne pas parler dans la rue. Et également, sur le bonheur d’enfin pouvoir être soi. Celui là aussi, est sous estimé. Camille m’a fait prendre encore plus conscience que les personnes transgenre, transexuelles, n’ont rien d’effrayant, rien de vicieux, rien de « contre nature » en eux. Camille a un pénis, et c’est une femme. Camille est une femme, mais avant tout un être humain. Et j’espère que grâce à ses paroles, vous le comprendrez aussi bien que moi.

 

Anecdotes hors champs.

  • Nous discutons avec Camille, après le tournage. Elle se remet du rouge à lèvres naturellement et je lui dis « attends, je vais filmer en plan de coupe ! ». Elle me répond en rigolant que « c’est cliché ». Après hésitation, je l’ai quand même intégré au montage. Camille se remaquille. Cliché ? Oui, mais surtout, naturel pour elle.
  • Les personnes transgenre ou transexuelles sont beaucoup mieux acceptées dans certains pays, m’apprendra Camille. En Thailande, et en Haïti, les femmes transgenre sont même valorisées.
  • Mariage, adoption… Des démarches pour l’instant inenvisageables pour Camille. Il faudra passer devant un juge, et se plier à une enquête en règle sur sa vie personnelle et son passé, pour avoir le droit de changer d’identité civile. Sans cela, pour un mariage ou une adoption, elle devra se travestir en tant qu’homme, pour concrétiser ces démarches.
  • Les assassinats de personne transgenre et/ou transexuelles sont monnaie (trop) courante. Les plus touchées sont d’ailleurs les femmes trans noires. Parmis ces meurtres, Camille me citera l’exemple de Hande Kader, activiste transgenre turque retrouvée brulée.
  • Les suicides des jeunes trans sont également beaucoup plus nombreux que les personnes cisgenre. Camille me parlera ainsi du jeune Leelah Alcorn, dont le suicide, à 17 ans, avait fait beaucoup de bruit aux États-Unis. Ces deux évènement l’ont beaucoup touchée.
  • La journée du souvenir trans à lieu tous les 20 novembre. Ne l’oublions pas !

Pour aller plus loin, les liens de Camille :

 

IN ENGLISH !

HEAR HER OUT – Transgender, fights and freedom.

When Camille came to my home to film this video, I had never met her before.
Internet being amazing, she had responded to the call spread by Noémie on Paris 3’s facebook page.

Camille somewhat looked like me. She had blonde, bleached hair, she was very kind and sweet. She smiled a lot. I was even more nervous than her. We had a small chat before and after filming, we get acquainted. Camille was a fantastic encounter. She opened my eyes on matters I didn’t understand, like having to choose between male and female bathrooms, having to retrieve a package at the post office. Being able to wear what you want. Being afraid, constantly, up to the point of avoiding talking in the street.
And also the bliss of finally being able to be yourself. This one is underestimated as well. Camille made me even more aware of the fact that transgender, transsexual people are in no way scary, wicked or against nature. Camille has a penis, and she’s a woman. Camille is a woman, but above all a human being. And thanks to her words, you will understand that just as well as I do.

Off-camera anecdotes

  • We were talking, after filming. Camille naturally fixed her lipstick and I told her : « wait, I’ll film it as a cutting plan!”. She laughed and replied: “It’s cliché”. I hesitated, but still included it in the video. Girls fix their make-up: cliché? It is, but also relatable.
  • Transgender or transsexual people are much more tolerated in some countries, Camille taught me. In Thailand and in Haiti, transgender women are even esteemed.
  • Marriage, adoption… processes that are still not options for Camille. She would have to appear before the court, and comply to a full investigation on her personal life and past, to get the right ot change her civil identity. Otherwise, to get married or adopt a child, she will have to disguise herself as a man to put this action into effect.
  • Trans people murders are far too common. Black trans women are the most affected. Among those murders, Camille cited the example of Hande Kander, a Turkish transgender activist found burned to death.
  • Young trans’ suicides are also more frequent than cis suicides. Camille mentioned the young Leelah Alcorn, whose suicide at only 17 made a lot of noise in the United States.
  • Keep in mind : the trans memorial day takes place every 20th of november.

A big thank you to Appoline, who did the english translation  !

Effy's world

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