13 novembre 2015, pendant, et puis après.

Aujourd’hui, nous sommes le 13 novembre. Il y a un an, un triste évènement s’est produit.

Vous souvenez vous de ce que vous faisiez ce soir là ?

Moi oui. C’était un vendredi. J’ai totalement oublié la journée qui a précédé, et même celle qui a suivi. Mais ce soir là, ce moment là, est gravé.

J’étais dans un bar à vin et tapas, avec des amis, à Albertville. Il y avait un match de foot à la télévision. Nous avions fini de manger et étions en route pour continuer la soirée chez moi. Pendant que je payais mon addition, un de mes potes a dit, en riant : « Oula ! Il se passe un truc sévère pour qu’ils arrêtent le match ! ». Il riait et ça n’a pas fait sens dans ma tête. Si c’est grave, c’est grave. Si c’est drôle, on rigole. Pas les deux. J’ai regardé le poste quelques instants. Ils parlaient de fusillade et je me suis dit « Ils exagèrent ». C’est la télé. C’est pour l’audience.

C’était une fusillade à Paris. Une prise d’otages au Bataclan. Paris. Ma ville. J’ai regardé autour de moi et les gens continuaient leur soirée sans prêter attention au poste. Je me suis encore dit que s’ils ne regardaient pas, c’est que ce n’était pas grave. Ça ne pouvait pas être grave. Mais c’était à Paris et ma petite sœur et mes parents vivent à Paris, alors, si jamais… J’ai pensé aux lignes téléphoniques saturées et j’ai préféré envoyer un texto à ma sœur.

« Attentats à Paris ?! Tout le monde va bien ? (Je me doute que oui mais bon mieux vaut prévenir que guérir). Bisous d’amour. »

La réponse n’a pas tardé.

« Papa et maman sont sortis ils répondent pas je suis en panique ».

Alors je l’ai appelée. Elle pleurait tellement qu’elle ne pouvait pas prononcer un mot, et je pense que c’est à cet instant que j’ai réellement paniqué. Je suis restée au téléphone, essayant de maîtriser ma voix, essayant de la rassurer, essayant de joindre mes parents avec le téléphone de mon copain, essayant…

Finalement, ils ont répondu. Ils allaient bien, ils ne savaient pas, ils sont rentrés. Ils ont retrouvé ma sœur, ils se sont réconfortés. Nous, nous sommes rentrés chez moi mais au lieu de finir la soirée comme prévu, nous avons allumé la télévision et n’avons plus rien regardé d’autre. L’écran du téléviseur, ceux de nos téléphones, répondant aux appels, se signalant en sécurité sur facebook. À 1:24, j’ai envoyé un autre sms à ma sœur :

« Tout est ok pour Méline, Ketty, Christian & Isabelle, fais passer aux parents s’il te plaît ! Bisous mon petit cœur. » « Merci et désolée d’avoir paniqué pour rien. Je t’aime. »

Pourquoi n’avons nous rien oublié ? Pourquoi nous sommes nous dit je t’aime avec ma sœur, avec mes proches, ce soir là ? Pourquoi ai-je pleuré pendant des jours après, en pensant à la mort d’inconnus ? Je ne sais pas. Une de mes amies, en études de psychologie, m’a apporté un début de réponse.

« L’évènement était tellement fort émotionnellement, et sur le plan existentiel (ça nous rapporte immédiatement à notre propre mort, à celle de nos proches…), qu’il y a eu une association dans le cerveau entre évènement et contexte dans lequel on l’a appris. C’est cet ensemble qui est mémorisé. »

Nous sommes persuadés de nous rappeler des moindres détails et c’est le cas. Mais pourtant, une mémoire traumatique n’est pas toujours 100% véridique. Nous allons coller à cet évènement les images vues à la télévision, les récits de nos proches, les impressions globales plus que les détails… Par exemple, en écrivant ce texte, j’ai écrit que j’avais appelé ma sœur et qu’elle n’avait pas répondu. Puis j’ai fouillé dans mon téléphone et j’ai vu que c’était un texto. J’étais sûre d’avoir utilisé mon téléphone mais notre mémoire n’est pas infaillible. Elle a retenu la soirée, de manière précise, mais pas pour autant dans ses moindres détails.

« La mémoire des évènements, c’est ce que l’on appelle la mémoire épisodique. On a tous cette mémoire. C’est celle qui nous permet de se rappeler des souvenirs avec leur contexte et leurs émotions. »

Ce soir là, la France a été traumatisée. Nous avons été attaqués, par des humains, pourtant déshumanisés, car déshumanisants. Ils tuaient sans empathie. C’était des « monstres ».

Une « mémoire collective » s’est mise en place. Nous avons tous vu la même attaque, tout le monde a regardé les même médias, écouté les mêmes discours. Nous avons souffert ensemble… Même si, bien sûr, je n’ai pas souffert comme ceux qui ont vécu les attaques, survécu, perdu un proche, ceux qui sont hantés par le bruit des balles… J’ai souffert en pensant à eux malgré tout.

13nov-sanaa-k

Vendredi 13 novembre par Sanaa K

Le lendemain, les rassemblements étaient interdits. C’était trop dangereux, peut être les fous seraient-ils de retour, peut être voudraient-ils de nouveau nous tuer, nous, le peuple français « libre et heureux » ? Mais nous n’en avons pas tenu compte. La place de la République a vite été noire de monde, de drapeaux, de bougies, fleurs, signes de paix. Nous nous sommes dis, nous l’avons pensé, nous y avons cru : « Aimons nous ! » Ne les laissons pas nous diviser, ne nous laissons pas berner. Faisons-nous un énorme câlin, pansons collectivement la plaie, apaisons la douleur.

C’était il y a un an. J’ai tourné cette vidéo, et j’y ai vraiment cru. L’amour, la paix, plus fort ensemble, tout ça.

Il y a un an.

Et depuis ?

 

Déchéance de nationalité et Christiane Taubira.

Les politiques se sont exprimés. Beaucoup, peut être trop. Ils se sont dit qu’il fallait prendre des mesures choc, pour donner l’impression que l’on avance, que l’on va faire bouger les choses.

Pourtant, les attentats ont déjà eu lieu. Et nous ne le savions pas encore, mais malgré les menaces, les nouvelles lois, le renforcement des services de protection… D’autres se produiront, encore.

Le gouvernement cherche donc à instaurer des mesures qui font peur, qui font du bruit. Ils veulent montrer que les terroristes, même français, ne peuvent être français de cœur. Ni d’identité civile.

Pour la première fois, la France envisage de créer des apatrides. François Hollande annonce vouloir modifier la constitution, pour permettre d’enlever la nationalité française et les droits en résultant, aux personnes condamnées pour terrorisme.

Cette mesure est-elle utile ?  Les personnes radicalisées, mentalement sous l’emprise de leurs mentors, prêtes à tuer au hasard, des citoyens, des collègues, des voisins, des femmes, des enfants, des familles... Ces personnes là ont-elle vraiment peur de perdre la nationalité française ? Et la leur faire perdre, permettra-t-il une sanction justifiée et justifiable ?

Le gouvernement avance une première idée de modification de la constitution. Il est question d’ôter la nationalité française aux binationaux.

Quid des français n’ayant pas d’autre nationalité ? Pourquoi ne seraient-ils pas visés ? Cette loi est clairement inégale, car elle permet de juger de manière différente, des personnes ayant commis le même délit, en ne s’appuyant que sur leur nationalité.

La modification qui sera finalement proposée ne cite donc pas explicitement les binationaux, qui seront pourtant bien les seuls pouvant être touchés par cette condamnation. En effet, la constitution française ne permet pas de créer d’apatrides, les seules personnes pouvant perdre la nationalité française sont donc celles qui en ont une deuxième. Christiane Taubira, Garde des Sceaux, est en désaccord avec cette loi.

Comme elle le dit alors dans un communiqué de presse :

«Nous vivons un moment collectif extrêmement difficile, qui pourrait nous ébranler si nous ne sommes pas solides sur nos fondamentaux, et, si nous sommes prêts à perdre un peu de nous-mêmes, nous risquons d’être sérieusement ébranlés.»

Le mercredi 27 février, elle annonce quitter le gouvernement en raison d’un profond désaccord politique. Elle twitte également ces propos :

« Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit. »

Cette modification de la constitution sera adoptée par l’assemblée, mais le conseil d’État n’acceptera pas ce texte, dont il modifiera quelques passages. Ce projet est donc enterré, car ne peut être validé qu’un texte dont le contenu identique a été approuvé par les deux chambres.

Trois mois après les tragiques évènements de novembre, nous perdrons au gouvernement une femme, qui, croyant en l’égalité des droits entre citoyens, avait réussi à concrétiser le mariage pour les personnes de même sexe. Et qui continuait de se battre pour ce en quoi elle croyait.

Pourtant, ne devions nous pas nous rassembler pour la paix ?

Nice et Burkini. 

Le 14 juillet, l’horreur a recommencé. J’étais chez moi, regardant le feu d’artifice à Paris, à la télévision, ayant un pincement au cœur car je ne pouvais  pas y être. Mon compagnon reçut une notification de news, sur son téléphone, et changea de chaîne. La terreur, de nouveau. Les morts, les questions, la peur, la douleur. Le soir même, et le lendemain au travail, les pleurs.

La question se posait, encore une fois : qui avait pu commettre un telle atrocité ? La réponse fusait, en boucle, partout :

Les musulmans extrémistes !

À ces dénonciations se mêlaient quelques voix, criant :

Pas d’amalgames, n’oublions pas ! Ce n’est pas ton boucher hallal, ni ta voisine voilée, ce n’est pas ton ami qui prie cinq fois par jour, ni ce passant à la barbe longue. Ce sont les extrémistes.

Et ces voix ont raison. En tuant au hasard des rues, lors d’évènements festifs, des français athés, chrétiens, juifs, musulmans, Daech a voulu diviser. Il a voulu créer un fossé entre musulmans et français. Or, ne peut-on être musulmans et français ? La majorité, l’immense majorité des musulmans vivant en France ne sont-ils pas français ? Si. Il n’y a pas de division à faire.

Il faut rester ensemble, continuer à prôner ces valeurs de fraternité. Il faut se battre contre la peur. Ne pas avoir peur de cette femme voilée, de cet homme à barbe, de celui qui porte la robe longue. Comme on ne craint pas la chrétienne et sa croix autour du cou, ni ce juif portant la kippa et les papillotes.

Pourtant, mi août 2016, se passe quelque chose qui montre à quel point la peur et la stigmatisation ont pris le dessus. Parmis d’autres, les maires de Nice, Menton, Roquebrune-Cap-Martin, Fréjus, signent un arrêté « anti-burkini ».

Le burkini est un maillot de bain couvrant le corps et les cheveux de la personne qui le porte. Il est porté par certaines femmes musulmanes, qui ne veulent pas montrer leur corps au regard de tous. Une question de pudeur, une question de choix personnel. Mais les arrêtés signés ce jour là interdisent l’accès aux plages, aux femmes portant ces maillots de bain. La plage, rappelons le, est un lieu public. Interdire l’accès à un lieu public, à une catégorie religieuse… Cela ne vous rappelle rien ?

Les femmes bravant l’interdit ont été forcées à retirer leur voile par des policiers, comme en attestent des vidéos qui ont fait grand bruit. Et, personnellement, elles m’ont serré le cœur. Je me bats, au quotidien, pour pouvoir porter ce que je veux. Je parle mini jupe, je parle talons, je parle jogging, je parle jambes nues, je parle piercings et maquillage. Je ne veux pas être jugée selon ce que je porte. Car même si cela renvoie une image de moi, au moment où je le porte, cela ne me définit pas pour autant. Il en est de même pour toutes les femmes.

Si c’est un choix, je me bats pour porter ma jupe courte, je me bats pour qu’elles portent leur burkini.

À plusieurs reprises, des hommes sont venus tuer des innocents. Ils ont réussi à nous faire peur. Peur de prendre le métro, peur des explosions, des pétards et des cris…

Mais peur d’une femme sur la plage ? Vraiment ? En sommes nous arrivés là ?

Je ne peux m’empêcher de remarquer qu’encore une fois, retombent sur les femmes les stigmates de combats menés par des hommes. Laissez-nous vivre. Laissez-nous nous aimer. Laissez nous nous sentir sœurs, malgré nos différences culturelles et vestimentaires.

Et laissez les parler. Combien de femmes voilées ont pu témoigner lors de cette affaire du burkini ? Combien a-t-on laissé dire qu’elle se sentaient mieux, vêtues comme ceci, protégées du regard des autres jusqu’à ce que, justement, les autres ne regardent plus qu’elles ?

Jusqu’à ce que les maires de leurs villes, décident de leur interdire la plage, le maillot de bain de leur choix, allant jusqu’à faire d’elles des délinquantes que la police devra réprimander ?

Soyons sérieux. Cherchons le véritable ennemi. Ces femmes n’ont tué personne. Dans la bande dessinée « Mon Bataclan », Fred Dewilde écrit :

« Il ne faut pas se tromper d’ennemi : celui-ci n’a pas de couleur, pas de confession. L’ennemi, c’est le fanatisme, c’est la peur, c’est la folie qui conduit à la guerre ».

Novembre 2016.

Aujourd’hui, les arrêtés ont été annulés. En effet, l’ordonnance du tribunal administratif affirme :

« L’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ».

Mais.

Aujourd’hui, Marine Lepen grimpe dans les sondage en même temps que grimpe l’islamophobie.

Aujourd’hui, des manifestations pour empêcher les LGBT d’avoir les mêmes droits que nous reprennent de plus belle.

Aujourd’hui, des jeunes veulent empêcher l’accès à l’avortement aux femmes en France.

Aujourd’hui, les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes, à postes égaux.

Aujourd’hui, les élus supposés représenter le peuple sont toujours au dessus des lois, et ne sont pas condamnés pour des faits de harcèlement sexuel.

Aujourd’hui, on renvoie des réfugiés chez eux, et on brûle des centres d’hébergement pour SDF.

Alors aujourd’hui, et pour l’avenir, quand est ce que nous ferons bouger les choses ?

Quand est ce que nous nous rassemblerons vraiment, et que nous lutterons pour l’humain ?


ENGLISH VERSION

Today, it is november 13th. A year ago, a tragic event happend in France.

Do you remeber what you were doing that night ?

I do. It was a friday. I completly forgot what I did during the day, and what I did the next day. But this night, this moment, I will remember it for my entire life.

I was in a wine and tapas bar with my friends. I was living in Albertville (small town in Savoie, France). There was a football game on TV. We had just finished our meal, and we were about to go back to my place. While I was paying my bill, one of my friends said, laughing :

« Woah ! Something big is happening if they’re not showing the game anymore! »

He was laughing and it didn’t make sense. If it is bad, it is bad. If it is funny, you laugh. Not both. I watched TV. They were talking about a shooting, and all I could think was « They are exaggerating. » It is TV. It is to entertain the audience.
It was a shooting in Paris. And a hostage situation in the the Bataclan. Paris. My town. I glanced around me. Nobody seemed to care about TV. I thought that if they were not paying attention, it was not a bad event. Surely it could not be that bad; but it was in Paris, and my little sister, my parents live in Paris, so, if it was real… I thought about the overloaded phone lines so I just sent a text to my sister.

« Terrorists attacks in Paris ?! Everyone is ok ? (I guess so but better to be safe than sorry). Kisses and love. »

I din’t wait to get an awnser.

« Mom and Dad are outside they did not awnser I am panicking ».

So I called her. She was crying so much she could not say a word, and I guess that is what really made me panic. I stayed on the phone, I kept talking, trying not to let my voice tremble, trying to comfort her, trying to reach to my parents with my boyfriend’s phone, trying...

They finally awnsered. They were ok, they did not even know. They came home, to be with my sister, to comfort each others. Me and my friends went to my place, but the night did not continue as we thought it would. We turned on the TV and did not watch anything else. TV screen, phone screens, awnsering phoncalls, saying we are ok on facebook… At 1:24 AM, I send another text to my sister :

« Everything is ok for Meline, Ketty, Christian and Isabelle, tell the parents please ! Kisses sweetheart. »

« Thank you, and sorry for panicking for nothing. I love you. »

Why didn’t we forget anything ? Why me and my relatives told each other how much we loved each others that night ? Why did I cry, days after, thinking about the death of people I did not even know ? I do not know. One of my friends who studies psychology offerd me an awnser.

« This event was so strong emotionnaly, and existancially (it imediatly makes us thing about our own deathand the death of our loved ones), that there has been an association in our brain between the event and the context where we learned about it. It is this event that is remembered. « 

We think we remeber every detail : and we do. However, a traumatic memory is not always 100% true. We are going to add to our real memory the images we saw on tv, the stories of our relatives, the global impressions and feelings more than the accurate details. For exemple, while writing this text, I thought that I called my little sister. But, I checked on my phone, and I saw that I actually texted her instead. I remebered using my phone, but our memories can be wrong. It remebered the night in it’s globality, and precision, but not every single detail.

 » Remembering events is called episodic memory. We all have this type of memory. It is the one that allows us to remember souvenirs with their context and emotions. « 

This night, France was traumatized. We were attacked by human beings, yet dehumanized, beacuse they desumanized us. They killed without any empathy. They were « monsters ».

A « collective memory » took place. We all saw the same attack, watched the same media, listened to the same speeches. We suffered together. November 14th, gatherings were not allowed. It was too dangerous, mabe the crazy man would be back, mabe they would want to kill us, us, the people of France, « free and happy » ? But we did not care. The « Place de la république » was crowed with people, flowers, candles, peace signs. We thought, we said, we belevied in the message : « Love each others« . We must not let them divided us. Let us hug, let’s heal together, let’s take the pain away. Together, we will be stronger.

All this happend a year ago. I went to Paris, I recorded this video, and I belived the message. Love, peace, stronger together, all of this.

It happend a year ago.

And since ?

Deprivation of nationality and Christiane Taubira.

Politiciens talked. A lot. Mabe too much. They said we had to take big measures, to give the impression we do not stay silent, that we are going to change things.

But the attacks already happened. And we did not know it yet, but other would happen, event with the new laws and the re-enforcement of security forces…

The governement tries to scare, to make noise with new laws. They want to show that terrorists, even if they are french, can not be french with their soul. Either with their civil identities.

For the first time, France considered createing stateless people. François Hollande says he wants to change the constitution, to allow the deprivation of French nationality, and the rights that go with it, to peoples who are condamned for terrorism.

Is this measure useful ? Radicalized people, mentally hold by their mentors, ready to kill random citizens, coworkers, neighbours, woman, children and families… Are thoose people really scared to loose french nationnality ? And will it change anything to take their citizenship? Is it justified ? Debates start. A first amendment is proposed. It mentions depriving french citizenship to bi-national people.

What about the French terrorists ? Why would they not be touched by this law ? It is clearly inequal.  The final amendment does not mention bi-national people, even if in fact, they will be the only ones who can be condemed, because the French constitution cannot allow the creation of stateless people. The only ones who can lose French nationality are therefore the ones who have another one.

Christiane Taubira, « Garde des Sceaux », desagrees with this.

As she claims in a press release :

« We are going throught a very difficult time, that could make us fall apart if we do not stand still on our fondamentals, and, if we are ready to loose a little of ourselves, we take the risk to be seriously shaken. »

February 27th, she annonced she is leaving the governement due to a profound political desagreement. She also tweets :

« Sometimes, resistance is staying, sometimes, resistance is leaving. By fidelity to I, to us. To give the last word to ethic and right. »

The amendment will be accepted by the assembly, but not by the State council. The state council will change a few things, and that invalides the whole text, because to be legitimate, it must be accepted by the assembly and the council, with the exact same words. Therefore, the amendment shall not pass.

Only three months after the tragics events of november, the french governement looses a woman, a great woman who, beleving in the equality of rights between citizens, had be able to make a reality the right of mariage for people of the same sexs. A woman who was still fighting for equality.

Yet… Wasn’t we supposed to gather ?

Nice and Burkini. 

July 14th, horror happend again. I was at home, watching on TV the Paris fireworks, sad that I was not there. My boyfriend received a news notification on his cellphone, and changed the channel. Terror again. Death, questions, fear, pain. This night, and the next morning at work, the tears.

Once again, the question was : who could do such a thing ? And the awnser was,

Extremists muslims !

Within thoose denounciations, a few voices were claming :

No amalgames, let us not forget, the killer is not your hallal bucher, nor your veiled neighbour, neither your friend who prays 5 times a day. It is the extremists.

And those voices are right. By killing randomly on the streets, during festive events, Atheists, Christians, Jewish people, French people, daech wants to divide us. It wants to create a gap between Muslims and French people. But, can we not be French and Muslim ? Majority, a large majority of Muslims who live in France, aren’t they French ? Yes, they are. There is no division to be done.

We must stay together, we must keep wishing for thoose fraternity values that are ours. We must fight over fear. We must not be afraid of this veiled woman, of this man with a beard, of this other one with a long dress. The same way we do not fear this christian girl with her neckless with a cross, or this jewish wearing kippa.

But, on august, something happened that shows how much the fear and stigmatization are taking over. Maires of Cannes, Nice and Frejus signed a decree « anti-burkini ».

A burkini is a baining suit that covers the body and the hair of the one who wears it. It is worn by a Muslim woman, because they do not want to show their bodies to everyone. It is worn to preserve modesty and as a personal choice. The decree signed this day, forbid the woman who wears a burkini to go to the beach. In France, the beaches are public places, anyone can go there. Forbidding acces to a public place, to a religious category of people… Doesn’t it remind you of something terrible ?

The women that went to the beach anyway were forced to remove their veil, as you can see on videos that popped up all over the internet. And, personally, they broke my heart.

Everyday, I fight to be able to wear what I want. I am talking about a miniskirt, heels, sweatpants, bare legs, piercings and make-up… I do not want to be judged by what I wear. Because, event if it shows a certain image of me a this precise moment, it does not define me. And it is the same for all woman.

If it is a choice, I will keep fighting to be able to wear my miniskirt, and for them to wear their burkini.

The past year, men came to kill innocent people. They managed to frightened us. We are scared to take the metro, of explosions, of firecrackers and of screams that may indicate another atrocity.

But… Fear of a woman on the beach ? Really ? How did we end up here ?

I can not help myself but notice that once again, the burdens of fights led by men fall upon women. Let us live. Let us love. Let us feel like sisters, despite our differences of cultures, religions and clothing.

And let those women talk. How many of them have been interviewed during the « burkini case » ? How many have we listened to when they said they felt better dressed like that, protected from the other sex? Protected, until the other looked only at them. Until the mayors of their towns decided to forbid them to go to the beach, to wear the bathing suit they chose, and turning them into criminals that police have to care care of ?

Let’s be serious here. Let’s look out for the true enemy. Those woman did not kill anyone.

In the comic book « Mon Bataclan » (My Bataclan, a comic book written and drawn by a survivor of the Bataclan attack), Fred Dewilde writes :

« We must not mistake our enemy : this one has no colour, no confession. The enemy, it is the fanatiscism, the fear, it is the madness that leads to war. « 

November 2016.

Today, the decrees have been cancelled. Indeed, tribunal said : « The decrees has seriously lacked respect and legality against the fundamentals freedoms that are the freedom to come and go, the freedom of  conscience and personnal freedom. »

But.

Today, Marine Lepen climbs in soundings at the same time as the islamophobia soars.

Today, protest to take back their rights to LGBT people start up again with renewed vigor.

Today, young people fight to forbied acces to free abortion to french woman.

Today, for the same work, woman are paied less than man.

Today, people of our governement, supposed to represent the citizen, are still above the laws, and can not be condamed for sexual harassement.

Today, refugiees are send back « home », and homeless shelters are burned.

Today, and for the futur, when will we make a change ?

When will we really gather, when will we fight for the human ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Effy's world

4 Comments

  1. Répondre

    Emy Bertaux

    12 novembre 2016

    Mon dieu, je me rappelle de cette nuit comme si c’était hier, à cette époque je vivais en région parisienne, je me rappelle du lendemain matin aussi, j’ai un frisson énorme qui me traverse le dos rien que d’y repenser ..
    Cette horreur, j’ai passé la nuit devant ma télévision comme toi, scotché à mon téléphone pour prendre des nouvelles de mes amis.. C’est vraiment dur de repenser à tout ça.

    • Répondre

      Effy's world

      17 novembre 2016

      En effet, j’ai eu du mal à me replonger là dedans pour écrire cet article… J’ai lu de la doc, des témoignages… Pas simple 🙂

  2. Répondre

    colas

    2 décembre 2016

    BRAVO FLO ! Ton engagement ,dans ce texte , en faveur de la tolérance et du respect de
    la liberté de chacun est déjà « une lutte pour l’humain « .

    « Celui qui lutte peut perdre…
    Mais celui qui ne lutte pas
    a déjà tout perdu ! »

  3. Répondre

    KingKourtaa

    22 décembre 2016

    Reportage très agréable à lire.

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